Comment la maladie agit-elle sur le cerveau ?
La maladie d’Alzheimer est souvent associée à la perte de mémoire. En effet, ce sont les neurones localisés dans la région de l’hippocampe, siège de la mémoire, qui sont atteints en premier. Mais ce n’est pas tout. Au fur et à mesure de son évolution, d’autres zones du cerveau vont être touchées, compliquant la capacité à communiquer, à réaliser plusieurs choses en même temps et à exécuter les gestes du quotidien.
La maladie est due à deux types de lésions du système nerveux central : le dysfonctionnement d’une protéine essentielle aux neurones appelée Tau et l’apparition de plaques dites « séniles » due à une autre protéine bêta-amyloïde. Peu à peu, ces lésions se propagent et envahissent les régions supérieures du cerveau. La maladie devient alors de plus en plus visible.
Quelles en sont les causes et comment les prévenir ?
À ce jour, les chercheurs n’ont pas déterminé la ou les causes de l’installation de ces lésions. Ils pensent qu’une combinaison de facteurs biologiques, comportementaux et environnementaux y contribuent. L’adoption de certains comportements permettrait donc d’éviter ou tout du moins de retarder la survenue de la maladie.
Les facteurs biologiques peuvent être génétiques (une vingtaine de gènes seraient impliqués dans la maladie selon les chercheurs) ou physiologiques, liés au développement de pathologies comme l’hypertension ou le diabète. Les facteurs comportementaux concernent, eux, l’histoire de vie de chaque individu : son niveau d’étude, ses habitudes alimentaires, sa consommation de tabac et d’alcool. Enfin, les facteurs environnementaux correspondent à certaines expositions à risque tout au long de la vie. Des chercheurs s’intéressent par exemple au rôle joué par les pesticides.
À noter également que la réserve cognitive acquise au fil des ans par les apprentissages de multiples activités (intellectuelles, manuelles, sociales) est une alliée majeure pour prévenir la maladie et retarder ses effets.
À quel âge peut-on avoir la maladie d’Alzheimer ?
La maladie d’Alzheimer est d’autant plus fréquente que l’on est âgé. Cependant, sur les 1,2 million de personnes touchées, environ 35 000 ont moins de 65 ans. Souvent oubliés des discours, ces malades jeunes rencontrent des problèmes spécifiques liés à l’incidence de la maladie sur la vie professionnelle, familiale et à l’accès aux dispositifs d’accompagnement. France Alzheimer et maladies apparentées leur a dédié une brochure spécifique. N’hésitez pas à la demander à l’association départementale la plus proche de chez vous.
Est-ce une maladie héréditaire, génétique ?
Il est important de distinguer les deux termes, héréditaire et génétique.
Une maladie est génétique lorsqu’elle est associée à l’anomalie d’un gène ou d’un chromosome. Dans la plupart des cas, ces anomalies n’entraînent pas à elles seules la maladie mais elles augmentent le risque, elles prédisposent à la développer.
Dans de plus rares cas, la présence d’un gène défectueux entraîne à elle seule l’apparition de la maladie. On parle alors de maladie héréditaire, transmise de génération en génération par ce gène dès la conception d’un enfant. Ces formes héréditaires représentent moins de 1 % des cas. Il s’agit, dans la très grande majorité, de formes précoces de la maladie (avant 65 ans, voire avant 50 ans). On connaît à ce jour trois gènes responsables de ces formes héréditaires : PSEN1, PSEN2 et APP.
Comment évolue la maladie d’Alzheimer ?
L’évolution de la maladie, en moyenne de 10 à 15 ans, est variable d’une personne à l’autre. Elle dépend notamment de l’âge de la personne au moment du diagnostic, de son état de santé général et de l’apparition ou du développement d’autres pathologies.
STADE LÉGER
Environ 25 % de l’hippocampe diminue en volume et le lien entre mémoire à court terme et à long terme se fait plus difficilement. La personne a des oublis bénins de noms ou d’événements récents qui s’intensifient avec le temps.
STADE MODÉRÉ
D’autres zones du cerveau sont touchées, ce qui engendre des troubles des gestes, du langage et de la reconnaissance. La personne a besoin d’une aide pour certaines activités (se déplacer, gérer son budget, faire à manger, etc.).
STADE SÉVÈRE
Les lésions progressent et la récupération en mémoire des informations et événements passés est quasiment impossible. La personne a perdu son autonomie pour presque tous les actes de sa vie quotidienne.